La Photo culinaire, au carrefour de deux Arts.

Vous êtes restaurateur? Vous le savez sûrement, une image, a fortiori une belle image, impacte directement votre clientèle, les visiteurs de votre site ou suscite la venue dans votre restaurant.

Une photo peut réellement donner envie. Pour votre blog, c'est l'image qui va donner envie de lire l'article lié. Sur votre carte, c'est elle qui va faire saliver. Sur votre site internet, la photo fait partie de votre notoriété. La photo est incontournable en termes de communication, et surtout en termes d'émotions.

Mais la photographie culinaire est une vraie spécialité. Pas une science exacte, mais plutôt un art, tout comme la cuisine.

La photo culinaire, c'est la synthèse d'une rencontre entre deux artistes, le cuisinier et le photographe. Ces deux artisans doivent se comprendre, être en phase. En effet, la photo est là pour mettre en valeur un plat, mais aussi l'esprit que le cuisinier a souhaité donner à son œuvre.




Si un grand nombre de photos culinaires nécessitent l'intervention d'un professionnel, vous pouvez vous lancer dans l'aventure, surtout si vous tenez un blog. Mais vous devrez dans tous les cas rester attentif :

à la présentation,

à l'éclairage,

à la mise en scène,

à la retouche ou post-traitement des images.



Ma vision de la photo culinaire:


Avant toute chose, il convient de cerner les besoins du professionnel qui s'adresse au photographe. Et le conseiller sur ce qui sera le plus adapté à sa demande. Photo en situation avec l'assiette sur la table, et dans ce cas la mise en scène du « tableau » est primordiale. Ou photo type « packshot », sujet isolé sur fond neutre ? L'éclairage sera toujours déterminant. Une fois définie, voici quelques points clé à retenir si vous voulez vous lancer, points clé que j'applique moi-même :


- L'utilisation d'un pied photo.

Personnellement, je travaille très régulièrement avec un trépied. En effet, la lumière est souvent peu idéale chez le professionnel qui vous accueille. Je préfère augmenter le temps de pose plutôt que de monter en ISO. J'utilise mon smartphone comme déclencheur, relié en WiFi au boitier. Celui-ci est réglé en manuel, y compris s'agissant de la mise au point.

- Quand c'est possible, je privilégie l'éclairage naturel. Sinon, j'utilise un flash de studio ou un flash cobra, avec parapluie et réflecteur.

- Je travaille la composition. C'est elle qui va raconter une histoire.

- Je shoot en manuel, y compris s'agissant de la mise au point. Ce choix permet de maitriser l'ensemble des paramètres du boitier, et laisse plus de place à la créativité.

- Je shoot en RAW, pour la grande latitude de correction que ce format offre.


Dans tous les cas, ce sont les choix de cadrage et d’angles de prise de vue qui déterminent le résultat. Mon choix se porte très souvent sur une image où le sujet est isolé. Un plat ou un gâteau isolés sur fond neutre apporte une touche « gastronomique » à mon sens.





Ceci étant, la photo culinaire correspond à des tendances, des modes. Aujourd'hui, sont en vogue, entre autres :


- L'ambiance "clair-obscur", pour un sentiment d’authenticité, avec un point de lumière sur le sujet principal. Les éléments autour sont suggérés ou invisibles. J'utilise alors un flash ou une lampe éclairant légèrement le sujet, directement ou légèrement devant.


- Le minimalisme, pour se concentrer avant tout sur le sujet de la photo, sur la présentation du produit.


- L'idée du mouvement , qui consiste à intégrer une main par exemple, pour donner l'idée du mouvement : saupoudrer un gâteau, verser une sauce...


- Et la tendance du moment, le Top View. La scène est prise d'en haut, à la verticale. Chaque élément placé dans le cadre est visible et contribue donc à raconter quelque chose.




Et il existe d'autres possibilités que je n'aborde pas dans cet article, comme des compositions très flashies, à l'opposé du Clair-Obscur.



Il reste une phase essentielle. Le post-traitement de la photo.

Bien que votre appareil photo puisse faire des miracles, le résultat n’est pas toujours idéal. Le photographe professionnel retouchera toujours ses photos, d'autant qu'elles sont destinées à un client. Celui-ci attend le meilleur de ce shooting. Ne négligez pas cette étape pour obtenir de bons résultats. Hormis un recadrage éventuel, travailler la balance des blancs et la colorimétrie de l'image.

Phase complexe, nous en reparlerons prochainement.





La photo culinaire nécessite patience, rigueur, maîtrise de l'éclairage, mais aussi inventivité et un œil artistique. Un professionnel vous fera gagner un temps précieux si vous êtes chef d'entreprise, mais rien ne vous empêche de vous essayer à ce domaine captivant.