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La nuit, une autre démarche photographique

La pose longue de nuit est une discipline fascinante en photographie. Elle permet de capturer ce que l’œil humain ne perçoit pas : le mouvement du temps, la fluidité de la lumière et la magie des ambiances nocturnes. Routes illuminées, eaux lissées, nuages en mouvement ou ciel étoilé deviennent alors des sujets poétiques et graphiques. Mais réussir une pose longue de nuit demande méthode, patience et rigueur technique.





Sans lumière, pas de photo. Vous le savez tous. Pourtant, vous avez tous vu et parfois admiré des photos de nuit. Celles qui fleurissent en fin d’année avec l’approche des fêtes, par exemple. Certains se disent, « moi aussi, je peux faire ça… » sauf qu’avec votre Smartphone et son flash, et sans connaissance particulière, vous dénaturez l’image (trop sombre, trop claire, trop de grain, etc.). Alors comment faire une photo de nuit.


Connaissances de base et matériel

Avant de rentrer dans le vif du sujet, on admet que vos connaissances de base sont suffisantes pour comprendre ce que sont :

l’ouverture / la vitesse/ les ISO

Le problème principal étant la lumière, vous ne pourrez pas travailler en mode « Automatique » ou « Programme ». Il va falloir imposer certaines contraintes à votre boîtier, à condition qu’il les accepte. C’est le deuxième point important. Un reflex ou un bridge pourront faire l’affaire, mais oubliez le Smartphone et tous les appareils qui ne vous permettent pas de sortir du Mode Automatique. Un trépied est recommandé, ainsi qu’un déclencheur à distance (filaire ou pas, ou grâce à votre smartphone, seul moment où il peut-être important). Pourquoi tout cela ? Parce que vous allez augmenter les temps de pose de manière significative et que tout mouvement entraînera un flou de bougé.

N'oubliez pas les batteries: bien chargées, car le froid est l'ennemi: elles se vident rapidement car les poses longues et le froid les mettent à rude épreuve.

On y va ?

Le moment à privilégier : l’heure bleue

C’est parti, mais quand ? N'attendez pas que la nuit soit noire. Partez avant le coucher du soleil, pour repérer vos objectifs (un monument, un bâtiment, une rue…) et être en place dès que le soleil a disparu. Il faut privilégier ce que l’on appelle l’heure bleue. Il s’agit des quelques dizaines de minutes entre lesquelles le soleil est couché et la nuit commence à tomber. Cet intervalle peut durer une vingtaine de minutes. C’est dans ce laps de temps que vous pouvez obtenir des photos avec un joli ciel bleu nuit, bien contrasté et des teintes plus douces. Un site peut vous aider à définir la bonne heure : « www.bluehoursite.com »


Régler votre appareil pour la photo de nuit

Là, on y est ! Et pour réussir, il va falloir jouer sur les paramètres suivants :

  • Il est conseillé de commencer avec une sensibilité ISO basse, entre 100 et 400, afin de limiter le bruit numérique. Elle doit donc être la plus faible possible. 100 ISO sera parfait pour limiter le bruit de vos photos. Ce réglage ne doit jamais être sur AUTO, car l’appareil choisira nécessairement une valeur élevée, ce qui ira à l’encontre du résultat attendu.


  • L’ouverture dépend du sujet : f/8 à f/11 pour l’architecture et les paysages urbains, f/2.8 à f/4 pour le ciel étoilé ou les scènes très sombres.

  • La vitesse d’obturation varie généralement entre 5 et 30 secondes. Dans cet esprit, utiliser un pied photo, assez solide et stable.


A partir de là, vous avez trois solutions :


Mode Priorité à la Vitesse

L’avantage de travailler en Mode Priorité Vitesse, c’est que vous maîtrisez l’effet de vitesse des éventuels véhicules passant dans vos champs de vision. Si vous n’avez pas de trépied, ne descendez pas en dessous de 1/15ème. Sinon, avec le pied, vous pouvez imposer des vitesses de plusieurs secondes (jusqu’à 30 secondes en général). Le Mode Bulb vous permet de dépasser ce cap et de travailler sur plusieurs minutes. Le boîtier vous indiquera l’ouverture qu’il préfère. Faîtes en sorte qu’en jouant sur la vitesse, l’ouverture se situe aux alentours de f/8 – f/11, valeurs qui offrent souvent le meilleur rendu. Déclenchez au déclencheur ou utilisez le retardateur afin de ne pas toucher l’APN. En jouant avec la vitesse, vous pourrez créer des « fantômes ».


Mode Priorité Ouverture

L’avantage de travailler avec ce mode, c’est de maîtriser la profondeur de champs. Si vous souhaitez une profondeur relativement faible (arrière-plan flou ou bokeh), choisissez une valeur de f/1,8 ou f/2 par exemple, et laissez l’appareil choisir sa vitesse. A l’inverse, si vous souhaitez une profondeur de champs importante, choisissez f/22. L’APN adaptera sa vitesse (le temps de pose sera plus long). L’idéal, en qualité d’image, est de rester aux alentours de f/8 – f/11.


Mode Manuel

Vous décidez de la vitesse et de l’ouverture. Il vous faudra un peu d’expérience avant de réussir avec ce mode, mais c’est celui qui vous laisse le plus de créativité.




Les conseils pour faire encore mieux

Travailler en RAW, le post-traitement vous offrira plus de possibilités. Pour autant, le JPEG n’est pas interdit, mais qui peut le plus…si vous travaillez avec un trépied, n’oubliez pas de désactiver la stabilisation. N’hésitez pas à faire plusieurs clichés de votre sujet : sur-exposé et sous-exposé en jouant avec l’ouverture et/ou la vitesse. Vous aurez ainsi le choix entre plusieurs images en post-traitement. N’hésitez pas à jouer avec les couleurs en post-traitement. Le noir et blanc se prête bien aussi à ce genre de photos.

Et pour éviter toute surprise, n'oublier pas de bien préparer votre sac avant toute sortie.




Conclusion

La photographie en pose longue de nuit est une invitation à ralentir et à observer. Elle demande précision, patience et créativité. En maîtrisant les réglages, en anticipant la lumière et en prenant le temps d’expérimenter, chaque photographe peut transformer la nuit en un terrain de jeu visuel unique. La pose longue ne se contente pas de capturer une scène, elle raconte le passage du temps et révèle la beauté cachée de l’obscurité.





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